Bio-art

Art au XXIè siècle et bio-art : "Que le cheval vive en moi"

Cheval

Au XXIe siècle avec le concours des biotechnologies, l’artiste peut désormais appréhender le réel non plus à travers une œuvre qui lui serait extérieure, mais dans son corps même, sans le secours d’aucune médiation. Son corps, lieu de toutes les expérimentations, fait œuvre.

Marion Laval-Jeantet nous le montre. En février 2011, elle réalise une performance inédite : « Que le cheval vive en moi ». Devant public, elle se fait transfuser du sang de cheval. Puis ce sang ainsi mélangé est prélevé et lyophilisé, à partir duquel une collection de huit reliquaires est réalisée. La rencontre du sang des deux espèces a produit un objet d’art : le sang de centaure. La barrière entre les espèces a été levée, levé le noli tangere et abolies les catégories de la nature.

Marion Laval-Jeantet s’inscrit dans un courant à la frange entre art, sciences du vivant et technosciences, dans la suite du body art où des artistes comme Orlan convoquaient déjà les sciences et techniques. Le bio-art deviendra-t-il la forme de l’art au XXIe siècle ? Le réel y est montré et présenté, sans les semblants, et l’artiste se voue à l’incarner. Sa chair se fait le témoin du désordre introduit par les biotechnologies.

 Voir le site de Marion Laval-Jeantet et de Benoît Mangin : www.artorienteobjet.com

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