sans-abris

Radio libertaire - émission du 16 Mai 2014 consacrée à l'accueil des sans-abris

Chronique de Dominique Corpelet 

Emission animée par Véronique Cornu et Arlette Milosavljevic : L'Antenne du social

Mafalda radio

Le sujet, tel qu’on l’entend en psychanalyse, est une fonction de l’Autre. Je prendrai ce fil là. Le fil du sujet dans son rapport à l’Autre.

Le sujet est une fonction de l’Autre veut dire : il n’y a pas de sujet sans Autre. Autre est à entendre ici avec une majuscule. C’est le grand Autre. Qu’est-ce que c’est ? l’Autre, c’est le champ qui englobe tout ce qui nous préexiste, qui existait là avant notre naissance : le langage, les codes, les règles, tout ce qui ordonne symboliquement nos existences et que nous n’avons pas choisi et que nous ne pouvons pas changer comme ça. On ne peut pas y couper, c’est comme ça, il faut s’y plier un peu. On naît dans un monde déjà organisé, déjà ordonnancé et nous avons, chacun, à nous y loger, à y trouver une place. L’Autre c’est le symbolique, c’est aussi ce qu’on appelle plus communément la réalité sociale. Le sujet, avec sa singularité, son désir, est appelé à trouver une place dans la réalité sociale, dans ses semblants et ses fictions. Avec ce paradoxe que le désir de chacun est irréductible à cette réalité. Le désir, c’est ce qui échappe à la normalisation. Le désir est toujours quelque part hors norme, pas commun, rebelle. Le pari de chacun est de faire valoir son désir dans son rapport à l’Autre.

Eh bien, il y a des sujets qui ne s’inscrivent pas dans la réalité sociale. Car l’Autre auquel ils ont affaire n’est pas un Autre symbolique. Leur Autre est plus imaginaire que symbolique. Ils ne trouvent pas à se loger dans l’ordonnancement symbolique du social, on peut dire que ces sujets se sont débranchés du symbolique. L’Autre, leur Autre, n’est pas un Autre bienveillant. Ils dialoguent avec un Autre dont ils se méfient, car ils ne sont pas assurés qu’il leur veuille du bien. Ce n’est pas un Autre secourable. Bref un Autre auquel ils ne songent pas à s’adresser. Ces sujets, qui se sont résolument détournés de l’Autre, sont des sujets en déprise sociale. Et on peut parfois les trouver dans la rue. Certes on doit bien reconnaître qu’il y a des contingences qui parfois les y ont précipités. Leur vie a été faite de rencontres malheureuses, de mauvaises rencontres qui ont déterminé chez eux un certain rapport à l’Autre.

Toute la question est de savoir que faire, comment s’y prendre avec ces sujets qui n’ont trouvé de place que dehors, et qui ne font pas de demande (aux services sociaux notamment). Ces sujets ne vont pas s’adresser à l’Autre social, au travailleur social. D’ailleurs ils ont déjà pu rencontrer dans leur vie un travailleur social, plusieurs mêmes, mais qu’ils ont fini par associer à cette figure de l’Autre auxquels ils ont tourné le dos.

Le travailleur social, qui travaille dans un bureau, -dans l’extraterritorialité de son bureau- n’a donc pas grande chance de les rencontrer.

Alors il s’agit d’être pragmatique. Si ces sujets ne viennent pas demander de l’aide au service social, il faut dès lors inverser la logique et partir à leur rencontre, au lieu même où ils vivent, la rue.

Cela appelle une question : quel est alors le cadre de travail ? peut-on d’ailleurs parler de cadre ?

Un premier niveau de réponse serait de dire : le cadre, on le transporte avec soi. Je prends une définition tres basique du cadre : le cadre est ce qui limite et dans le même temps autorise l’action de quelqu’un ; ça lui met des bornes. Alors si on reste avec l’idée du cadre comme quelque chose de figé, de rigide, alors là oui, on n’ira jamais sortir de son bureau pour aller dans la rue.

Si au contraire on pense le cadre comme non plus quelque chose de lié à un lieu et un temps, alors on pourra transporter le cadre avec soi, ce qui fait dire que le cadre n’est rien d’autre que cadre interne. C’est proprement subjectif au travailleur social. Le cadre c’est l’ensemble constitué par une éthique, une déontologie, des règles qu’on s’impose, et puis la boîte à outils de chacun.

Une seconde réponse est de dire : ce n’est pas le cadre qui détermine l’efficacité d’une action, mais le discours dans lequel on s’inscrit. Qu’est-ce que le discours ? ce n’est pas ce qu’on dit. Ce n’est pas la somme de nos énoncés. C’est l’ensemble des coordonnées symboliques qui nous déterminent à une place donnée. C’est l’agencement symbolique dans lequel on choisit de s’inscrire. C’est la place symbolique depuis laquelle on parle et depuis laquelle on va s’adresser aux autres nos semblables. Un discours nous situe quelque part. Aussi, si l’on sait d’où l’on parle et d’où l’on intervient, notre action ne relève plus d’une contingence. Ainsi être travailleur social dans la rue ou ailleurs, c’est toujours être travailleur social. Le travailleur social devient un dispositif mobile, qui peut s’adapter à de nouveaux contextes. Et celui-ci pourra, en engageant son désir, aller à la rencontre de ceux qui sont dans la rue, bien à l’abri de l’Autre. La visée sera de susciter chez ces sujets une demande. Le seul levier qui soit, c’est le transfert, c’est-à-dire, ce lien singulier qui fait qu’un sujet verra – ou non, dans le travailleur social venu lui parler, un Autre qui écoute, un Autre à qui adresser une demande, un Autre qui pourra aider, qui saura aider. Il n’y a transfert que du moment où un sujet suppose qu’un autre est susceptible de répondre à la question qui l’anime. C’est pas sûr que ça se passe à tous les coups, mais c’est un pari, comme l’est le pari de la rencontre entre deux êtres parlants.    

Radio libertaire - émission du 21 Mars 2014 consacrée à l'accueil des sans-abris

Chronique de Dominique Corpelet 

Emission animée par Véronique Cornu et Arlette Milosavljevic : "L'Antenne du social"

Vendredi 21 Mars 2014  19:00-21:00

Mafalda radio

Au bord du monde

La psychanalyse est particulièrement intéressée par le cinéma, par les fictions et les documentaires, comme elle est plus généralement intéressée par les œuvres d’art de qualité. Car l’art, et le cinéma en particulier, est à la fois témoin du monde et du malaise qui y règne, et  l’artiste dispose d’un savoir insu, inconscient. En ce sens je reprendrai volontiers les termes de Lacan qui dit, dans un court texte qu’il a écrit en 65 en hommage à Marguerite Duras et à son Ravissement de Lol V. Stein, que l’artiste toujours précède le psychanalyste. L’artiste lui fraie la voie.

A ce titre le documentaire de Claus Drexel nous fraie la voie vers une meilleure analyse du vécu des sans-abris. Pourquoi ? 

Parce que le cinéaste Claus Drexel, dans son documentaire intitulé « Au bord du monde », présente cette originalité de restituer fidèlement les propos des sans abris qu’il est allé rencontrer, nuit après nuit, pendant une année. C’est suffisamment rare pour être souligné : ici on ne trouvera pas de discours général sur la question des sans domicile fixe. Pas de propos général ni de solution proposée. Ici, on n’écoute juste les sans-abris, dans ce qu’ils ont de plus singulier à dire. Comme le psychanalyste, Claus Drexel accueille au Un par Un les dits de ces sujets. Il se situe loin du discours du maître qui vaudrait pour tous.

On est loin des clichés habituels sur ces sujets qui vivent dans la rue. On ne trouvera pas de personne ivre, agressive ou revendicative. On ne trouvera pas la figure classique du sans- abris telle que le montrent les journaux télévisés.

Claus Drexel prend exactement le contre-pied de ce genre d’images, et va à la rencontre de sujets, pris au un par un, car ils sont tous singuliers, différents, uniques.

Ces sujets se tiennent à une place « au bord du monde » : c’est à prendre au pied de la lettre. Cela peut être entendu de deux façons. D’abord cela signifie qu’ils ne sont pas sortis du monde, ils y sont bel et bien, et ils le regardent. Ils ont quelque chose à en dire. On pourrait dire aussi qu’ils représentent la pointe acérée du malaise dans le monde. Ensuite, « être au bord du monde » veut dire, pour certains d’entre eux, « au bord du gouffre ». C’est une expression qu’on emploie parfois. C’est très frappant, dans le documentaire. Tous disent l’extrême expérience que leur corps subit. Ils disent qu’il ne faut jamais lâcher, jamais abdiquer, car sinon c’est le corps qui tombe. Leur corps est soumis aux pires conditions : le froid, les intempéries, l’absence d’un sommeil réparateur. Une femme, Christine, le dit bien : elle n’a jamais de sommeil vraiment réparateur. Ses nuits, dit-elle, sont sans vie. Pas de vie nocturne, cad pas de rêves. Elle tombe littéralement de sommeil. Le corps se met en off, puis se réveille soudainement, sans transition. On / off semble indiquer ici que le corps en est réduit être à une machine élémentaire, dont la survie tient à peu de choses. Le corps est livré aux maladies, ces sujets ont très difficilement accès aux soins les plus élémentaires, les plus basiques.

 

Les choix esthétiques de ce documentaire témoignent très bien que vivre dehors, c’est pour le corps une expérience des plus rudes : la caméra est fixe, posée au sol, car c’est par terre que les sans-abris vivent. Ensuite, les images ont été tournées la nuit exclusivement, pour mieux souligner l’extrême solitude de ces sujets dans la ville déserte, et la détresse aussi. L’aube se lève à la fin du film, sur le magnifique aria du Turandot de Puccini : Nessun dorma, personne ne dort. Les corps sont cassés, meurtris, et les dires des sans-abris sont scandés par ces termes de gouffre sans fond, de chute. Une première chute a eu lieu, la seconde serait fatale. « Le corps ne doit pas abdiquer ». Il faut tenir malgrè la dureté du vécu dehors.

Enfin, l’image est toujours très travaillée, belle à voir. Ces sans abris vivent dehors, et ont pour arrière-plan le Paris monumental et luxueux. « Je voulais montrer le contraste inouï entre le faste de Paris et la situation de ces personnes en grande détresse. Il était important pour moi de styliser le film de cette manière. En fin de compte, il ne s’agit pas de Paris, mais d’un archétype symbolisant notre société occidentale » déclare Claus Drexel dans un entretien publié par Libération.

Discours

Ce qui a retenu mon attention dans ce documentaire, c’est l’attention qu’il porte au discours de ces sujets : il leur donne la parole. Ce sont d’ailleurs les seules personnes que l’on voit apparaître dans ce film. Le focus est centré sur eux et ce qu’ils ont à dire.

Le cinéaste rend toute leur dignité à ces sujets. De ces « fantômes », de ces invisibles sortis des statistiques et perdus par les services sociaux, il restitue le nom : Henri, Pascal, Alexandre, Christine, Jéni, Wenceslas et quelques autres encore. Dans un souci constant de ne pas déranger, ils tentent de trouver refuge, de « s’établir » - le mot est employé par l’un d’entre eux », dans un coin de la ville. Ce film est bien loin des clichés du clochard qui aurait perdu tout lien avec ses semblables et qui serait sorti du champ de la parole. Ces sujets désinsérés sont certes sans adresse mais pas sans parole. C’est la qualité de ce travail que de fidèlement restituer les dits des sans-abris. Pendant une année, nuit après nuit, il s’est fait leur secrétaire. Nous n’avons là que leurs paroles, leur histoire dite par bribes, leur discours sur le monde.

Ici nous écoutons des sujets dans ce qu’ils ont de plus singulier. On y voit des rencontres singulières entre le cinéaste et chacune de ces personnes. Claus Drexel recrée, au un par un, du lien social là où il avait disparu. De sans noms qu’ils étaient, ils sont redevenus des sujets dignes d’être écoutés.

Ce film reflète la diversité des situations de ces sujets. Il y a Jéni, enfermée dans son dire délirant. Il y a Costel, venu de Roumanie, qui vit sous un pont et qui fait croire à ses parents restés au pays qu’il est parvenu à trouver un emploi et un appartement en France. Il y a Henri, mutique, qui loge sa misère dans le trou d’un tunnel. Il y a Wenceslas qui chaque soir nettoie le même bout de trottoir avant d’installer sa tente et qui, à l’aube, s’en va récupérer les invendus des grands magasins pour les partager avec d’autres camarades. Il y a Pascal, qui s’est construit une cabane de fortune comme il dit, sous un pont, et qui s’est ainsi reconstruit un confort très sommaire certes, mais il s’est construit un abri, un refuge. Comme il dit, non sans humour, il ne lui manque plus que l’électricité. Il y a Christine, qui depuis sept ans vit adossée au portail du jardin des Plantes. Elle s’enrobe de couvertures et attend qu’on vienne résoudre son problème : elle a perdu sa maison, et ses enfants, dont elle a perdu la trace, vivent eux aussi dehors, nous dit-elle. Il y a aussi un monsieur qui vit dans un espace squatté depuis plus de vingt ans il me semble, sous le pont Louis Philippe, et qui a affiché aux murs un portrait de l’Abbé Pierre. Il convoque deux images, deux personnes qui pour lui étaient secourables : Coluche et l’Abbé Pierre. Lui, il est resté dans un lien social très structuré. Des amis lui rendent visite, il est à sa façon inséré dans le lien.

Le documentaire rend ainsi compte chez ces sujets de la grande diversité des façons de vivre et d’habiter dehors, ainsi que de la diversité du lien avec l’autre.  

A les écouter tous, une chose interpelle : ces sujets sans adresse, quand ils parlent, témoignent qu’ils ne se situent pas ou plus dans ce qu’on appelle  le circuit de la demande. Christine, qui depuis sept ans a trouvé refuge adossée au portail du Jardin des Plantes, le dit dès le début : « je ne sais pas comment lancer un appel au secours. Je n’ai pas trouvé la réponse au problème qui m’a amenée ici. » Pour elle il n’y a pas d’Autre secourable. Wenceslas, lui, ne veut pas être prisonnier du besoin : il veut avec les autres un lien qui libre de toute demande et de tout intérêt matériel. « Pouvoir ne pas être dépendant ». Pascal ne veut pas vivre ailleurs que dans sa cabane. Costel, venu de Roumanie, préfère rester sous le pont où il vit depuis trois ans que d’aller dans une salle chauffée prêtée mise à disposition par l’Hôtel de ville pour les sans-abris.

Finalement pour certains de ces sujets, l’Autre n’est pas un lieu d’adresse. Ces sujets ne supposent pas à l’Autre la possibilité qu’il puisse répondre à leur problème. Ils sont bien plutôt perdus par l’Autre : « les autorités te donnent pour perdu. » dit Christine. Ainsi nul recours à un Autre auquel faire une demande, ne serait-ce que sous les espèces d’un Etat Providence. Non dupes de cela, ces sujets en ont pris acte et en payent le prix fort en se retrouvant dans l’extrême dénuement. C’est bien pourquoi les dispositifs d’aide et de réinsertion ont le plus les plus grandes peines à les secourir. Que pourrait bien tout d’un coup leur vouloir un Autre bienveillant ? Est-il bien intentionné ? Ces sujets ont-ils d’ailleurs jamais occupé une place dans le désir de l’Autre ?

La multiplication des sans-abris est-elle un effet du capitalisme ? On peut dire qu’ils sont rejetés par le discours capitaliste. Plus bons à rien, plus productifs. Comme ces deux passants qu’un jour Wenceslas a surpris, l’un disant à l’autre, avec le cynisme propre au capitaliste : « moi je ne leur donne rien, car ils ne nous servent plus à rien. » Ces Uns tous seuls dans la rue, semblent incarner une version radicale du « tous prolétaires », au sens où Lacan l’entend dans La Troisième : « (…) chaque individu est réellement un prolétaire, c’est-à-dire n’a nul discours de quoi faire lien social, autrement dit, semblant. » 

Vivre dehors est-il la conséquence d’un sort singulier, propre à chacun des sans-abris ? Un événement, un incident, resté sans réponse, a troué leur histoire et les a précipités dans la rue. Comment comprendre autrement que Christine vive dehors, elle qui autrefois était chez elle avec ses enfants. Elle parle d’une « agression incompréhensible » qu’elle a subie, sans autre précision. Mais une agression venant d’où ? De quel Autre émane la menace ? Elle s’est soudainement trouvée confrontée à un réel menaçant qui l’a laissée sans réponse. Elle s’y est cognée, elle est tombée. Elle dit ne vouloir qu’une chose : pouvoir retourner chez elle avec ses trois fils. En attendant, elle restera dans la rue, car nul ne peut répondre à son problème.

Ce film témoigne ainsi de la voie que des sujets ont prise : vivre loin de l’Autre, presque pourrait-on dire, hors de sa portée. Certains semblent avoir trouvé un refuge hors d’atteinte de l’Autre. Ces Uns perdus, hilflos, ont pris acte que l’Autre auquel ils ont affaire n’est pas secourable, et ils en tirent des conséquences radicales.

Ce documentaire montre, sans le dire, la difficulté qu’il peut y avoir de secourir ces sujets. Comment s’y prendre avec eux ? quelle solution leur trouver, qui vaille pour chacun, et qui ne soit pas une solution pour tous ? Quelle solution bricoler au un par un ? Comment entrer en contact avec eux ? sans leur faire violence, sans pénétrer dans leur sphère intime de façon brutale. Quelle aide apporter à des sujets qui ne demandent plus ? C’est la grande force de ce documentaire qui a su établir avec soin un lien singulier avec chacun de ces sujets, sans a priori ni désir de guérir. Pas de fureur de guérir ni de trouver des solutions pour ces sujets, juste le désir de les écouter, avec respect, au lieu même de leur vie.

Un mot sur cette question qui revient souvent : peut-on du jour au lendemain arriver dans la rue. C’est une question délicate, on ne peut pas y répondre comme ça de façon théorique. Il faut se référer à de situations singulières. Un mot de Wenceslas a attiré mon attention. On ne connaît pas son histoire, mais on sait qu’il a un jour travaillé. Il relate cette anecdote : un jour un collègue de travail lui demande s’il serait capable de se mettre en couple pour des raisons économiques. Il répond sans hésiter que non : pour lui les relations aux autres doivent être libres de tout intérêt matériel. Cette solution que certains choisissent, sans même se le formuler ainsi, la vie de couple pour éviter solitude ou embarras matériel, lui, Wenceslas, la refuse franchement. Il a cet idéal d’une relation à l’autre détachée de toute demande matérielle, objectale. Je me suis demandé jusqu’où pouvait aller son raisonnement : jusqu’où est-il prêt à payer le prix de cette liberté ? Nous ne sommes pas tous comme Wenceslas, animés de cette idée de liberté matérielle, et peut-être sommes-nous plus enclins à faire appel à l’Autre lorsque nous sommes en situation matérielle fragile (chômage, divorce etc.) Peut-être sommes-nous plus aliénés à l’Autre, peut-être attendons-nous de lui plus de choses, mais cela nous permet d’en faire un Autre secourable et aimable.